Démarchage téléphonique dès le 11 août 2026 : Fin de Bloctel, consentement et faux conseillers bancaires
À partir du 11 août 2026, une entreprise ne pourra plus appeler un particulier pour lui proposer un produit ou un service sans avoir obtenu son accord au préalable, sauf dans certains cas liés à un contrat en cours.
Dans le même temps, Bloctel cessera ses activités. Cette réforme devrait réduire une partie des appels commerciaux non sollicités, mais elle ne fera pas disparaître les faux conseillers bancaires.
Il faudra donc savoir distinguer un appel autorisé, une prospection irrégulière et une tentative d’escroquerie.
Ce qui change pour le démarchage téléphonique le 11 août 2026

La réforme inverse la logique actuelle : ce ne sera plus au consommateur de refuser les appels, mais au professionnel de prouver qu’il a obtenu l’autorisation de téléphoner.
Du droit d’opposition au consentement préalable
Jusqu’au 10 août 2026, le système repose principalement sur l’opposition. Une personne qui ne souhaite pas être démarchée peut inscrire ses numéros sur Bloctel. Les professionnels doivent alors consulter cette liste et écarter les personnes inscrites, sous réserve des exceptions prévues.
Dès le 11 août 2026, le Code de la consommation interdira de démarcher par téléphone un consommateur qui n’a pas exprimé préalablement son consentement à recevoir des appels commerciaux. Cette interdiction concernera aussi les appels réalisés par un prestataire pour le compte de l’entreprise.
Autrement dit, le silence ne vaudra pas accord. Le professionnel devra pouvoir montrer qu’une démarche positive a bien été effectuée par la personne appelée.
Le démarchage ne sera pas totalement interdit
On parlera parfois de « fin du démarchage téléphonique ». La formule manque de précision. Les appels commerciaux resteront possibles lorsque le consommateur aura clairement accepté d’être contacté.
Une exception subsistera également lorsqu’un appel concernera un contrat en cours et portera directement sur son objet ou son amélioration. Par exemple, un opérateur pourra contacter un abonné au sujet de son offre actuelle. En revanche, une ancienne relation commerciale ne donnera pas automatiquement le droit de proposer n’importe quel nouveau service.
Bloctel va-t-il vraiment disparaître ?
Bloctel reste utile pendant la période transitoire, mais son fonctionnement n’aura plus de raison d’être une fois le consentement préalable généralisé.
Bloctel fonctionne encore jusqu’au changement de régime
Avant le 11 août 2026, on peut toujours inscrire gratuitement ses numéros sur la liste d’opposition. Les règles actuelles restent applicables, notamment les plages horaires autorisées : du lundi au vendredi, de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 20 heures, hors jours fériés.
Il serait donc incorrect d’écrire que Bloctel est déjà supprimé. La date doit être précisée pour ne pas induire les lecteurs en erreur.
Pourquoi le service cessera ses activités
À compter du 11 août 2026, Bloctel cessera ses activités. Le consommateur n’aura plus à s’inscrire sur une liste pour refuser la prospection : l’absence de consentement suffira en principe à interdire l’appel.
Cela ne signifie pas que tous les appels inattendus seront frauduleux. Une entreprise peut utiliser un fichier ancien ou estimer que l’appel entre dans l’exception du contrat en cours.
Qu’est-ce qu’un consentement valable ?
La question centrale ne sera plus « êtes-vous inscrit sur Bloctel ? », mais « avez-vous réellement accepté de recevoir des appels commerciaux ? ».
Donner son numéro ne suffit pas
On communique son numéro pour recevoir une livraison, confirmer un rendez-vous, suivre une commande, ouvrir un compte ou obtenir un devis. Aucune de ces démarches ne signifie automatiquement que l’on souhaite recevoir des offres par téléphone.
Lorsqu’un professionnel recueillera les coordonnées téléphoniques d’un consommateur, il devra l’informer que toute prospection commerciale suppose son accord préalable, sauf dans le cadre limité d’un contrat en cours.
Le consentement devra donc être identifiable et lié à cette finalité. Une mention vague noyée dans des conditions générales ou une case déjà cochée ne devrait pas être confondue avec un choix clair.
L’entreprise devra conserver une preuve
En cas de contestation, le professionnel devra pouvoir justifier l’autorisation sur laquelle il s’appuie. Une preuve sérieuse devrait permettre de retrouver le moment où l’accord a été donné, le formulaire utilisé, la finalité annoncée et l’entreprise bénéficiaire.
Le consommateur pourra aussi retirer son accord. Il sera prudent de le faire par un moyen qui laisse une trace : espace client, courriel, formulaire ou courrier.
Quels appels pourront encore être autorisés ?
Un appel inattendu ne sera pas nécessairement interdit. Tout dépendra de sa finalité, de l’existence d’un consentement et de la relation avec l’entreprise.
L’appel lié à un contrat en cours
Une banque peut contacter son client pour signaler un problème de carte, vérifier une opération ou gérer un service souscrit. Un assureur peut appeler au sujet d’une échéance ou d’une garantie existante. Ces échanges ne correspondent pas forcément à de la prospection commerciale.
La difficulté apparaît lorsqu’un appel de gestion se transforme en vente. Si la proposition constitue une amélioration directe du contrat en cours, l’exception peut s’appliquer. Si elle concerne un produit sans lien réel, un consentement préalable devrait être nécessaire.
L’ancien client n’est pas un client permanent
Un devis demandé plusieurs mois auparavant, un achat ponctuel ou un contrat résilié ne doivent pas être présentés comme une autorisation illimitée. Créer un compte en ligne n’autorise pas automatiquement toutes les sociétés d’un groupe ou leurs partenaires à téléphoner.
En cas de doute, on peut demander sur quelle base l’entreprise appelle, à quelle date le consentement aurait été obtenu et comment s’y opposer.
Appel autorisé, démarchage illégal ou faux conseiller bancaire ?
C’est ici que la distinction devient essentielle : une entreprise qui ne respecte pas la réglementation n’est pas forcément un escroc, tandis qu’un fraudeur peut paraître parfaitement crédible.
| Situation | Ce qu’il faut comprendre |
|---|---|
| Accord clair donné auparavant | L’appel commercial peut être autorisé |
| Aucun accord et aucun contrat en cours | Le démarchage est en principe interdit |
| Demande de code, de virement ou de validation | Une fraude bancaire doit être fortement suspectée |
Un démarchage irrégulier reste un appel commercial
Le téléopérateur cherche généralement à vendre une offre. Il peut insister, éluder la question du consentement ou utiliser des coordonnées mal collectées. Son comportement peut être illégal sans qu’il cherche à prendre le contrôle d’un compte bancaire.
On peut demander le nom exact de la société, l’origine des coordonnées et la preuve du consentement, puis exiger l’arrêt des appels.
Le faux conseiller cherche à faire agir dans l’urgence
L’escroc annonce un paiement suspect, un virement en cours ou une carte compromise. Il connaît parfois le nom de la victime, celui de son conseiller ou certaines données obtenues lors d’une fuite ou d’un hameçonnage précédent.
Son objectif est de faire communiquer un identifiant, un code reçu par SMS ou de pousser la victime à valider une action dans son application. La validation présentée comme une annulation sert alors à autoriser un paiement, ajouter un bénéficiaire ou effectuer un virement.
Comment reconnaître un faux conseiller bancaire ?
Plusieurs signaux doivent conduire à interrompre l’échange, même lorsque le numéro affiché semble être celui de la banque.
Le numéro affiché n’est pas une preuve
Des fraudeurs peuvent usurper un numéro officiel. Le téléphone affiche alors les coordonnées de la banque, alors que l’appel provient d’un autre interlocuteur.
Il réclame une information confidentielle
Un conseiller légitime ne demande pas de communiquer un mot de passe, le code secret de la carte ou un code de sécurité reçu par SMS. Ces codes ne bloquent pas une opération : ils servent à la valider.
Il faut aussi refuser toute demande visant à installer un logiciel, partager son écran, ajouter un bénéficiaire ou transférer de l’argent vers un prétendu « compte sécurisé ».
Plus largement, les bonnes pratiques pour sécuriser tous vos comptes en ligne permettent de réduire les risques liés aux mots de passe, aux messageries compromises et aux accès sensibles.
Il empêche de vérifier
Le faux conseiller maintient la pression. Il affirme que raccrocher ferait perdre la protection ou que l’opération doit être traitée dans les minutes qui suivent.
Un interlocuteur légitime n’a aucune raison d’empêcher un client de rappeler la banque par un canal officiel.
Que faire pendant un appel bancaire suspect ?
La bonne réaction tient en quelques étapes simples, mais il faut les appliquer sans se laisser entraîner dans la discussion.
Ne communiquez aucun identifiant, aucun code et aucune donnée de carte. Ne validez aucune notification que vous n’avez pas vous-même déclenchée.
Raccrochez, puis contactez la banque depuis son application, le numéro au dos de la carte ou son site officiel saisi manuellement. Cette vérification par un autre canal reste utile même lorsque le numéro affiché semble authentique.
Ensuite, vérifiez les opérations récentes, les virements programmés et les nouveaux bénéficiaires.
Que faire si vous avez donné un code ou validé une opération ?

Chaque minute compte lorsqu’une information sensible a déjà été transmise ou qu’une opération a été confirmée.
Contactez immédiatement la banque et demandez le blocage des moyens de paiement, des accès ou du virement concerné. La possibilité d’interrompre une opération dépend notamment de son état d’exécution et du type de paiement utilisé.
Modifiez les mots de passe compromis, en commençant par la banque et la messagerie associée au compte. Si le même mot de passe est utilisé ailleurs, changez-le également.
Conservez les SMS, captures d’écran, notifications, numéros, horaires et coordonnées du bénéficiaire. Ces éléments seront utiles pour contester les opérations, effectuer un signalement et déposer plainte.
Il ne faut pas attendre de voir si l’argent revient spontanément.
La réforme mettra-t-elle fin aux faux conseillers bancaires ?
Le consentement obligatoire renforcera les droits des consommateurs, mais il ne constitue pas un dispositif technique capable de bloquer tous les fraudeurs.
Les entreprises respectueuses de la loi devront obtenir et prouver l’accord préalable. Les escrocs, eux, continueront à appeler sans autorisation, à usurper des numéros et à inventer des urgences.
L’absence de consentement deviendra donc un signal d’alerte supplémentaire, pas une preuve automatique d’escroquerie.
À partir du 11 août 2026, le réflexe restera le même face à tout appel bancaire inattendu : ne rien communiquer, ne rien valider, raccrocher et rappeler soi-même l’établissement.
La fin de Bloctel changera les règles de la prospection commerciale ; elle ne remplacera jamais la vérification de l’identité de l’interlocuteur.
Dernière vérification des informations le .